J’ai parcouru le temps, ignorant les années,
J’ai gravi les sommets, faisant fi du froid,
J’ai traversé le monde, sans la moindre crainte,
J’ai franchi les gouffres, méprisant le vide,
J’ai marché par-delà la solitude, avançant tout droit,
Négligeant le temps, les sommets, le monde, les gouffres,
Sans jamais envisager de reculer.
Puis je t’ai vue, et tout s’est arrêté.
J’ai voulu remonter le temps,
Aplanir les montagnes,
Rétrécir le monde,
Combler les gouffres,
Entendre ta voix.
Tout est devenu si froid, si triste, si terne.
On me dit que c’est l’hiver, que c’est ainsi,
Mais je sais que c’est faux, je ne le nie même pas.
Si l’hiver me semble si froid, si triste, si terne,
C’est parce que toi, tu n’es pas là.
